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À Carayaca, au Venezuela, les séismes du 24 juin 2026 ont aggravé la situation de communautés déjà fragilisées. Découvrez comment le soutien psychosocial de Première Urgence Internationale aide Carmen, 68 ans, à surmonter les conséquences de cette catastrophe.
Publié le 22/10/2026 | Temps de lecture : 5 min
Après les séismes qui ont frappé la région de La Guaira, Carmen a bénéficié d’un accompagnement psychosocial proposé par Première Urgence Internationale. À 68 ans, elle témoigne des premiers changements qu’elle observe dans son quotidien et du chemin parcouru pour retrouver confiance en elle.
« Grâce à l’accompagnement reçu, j’ai compris ma valeur et ma force. Je ne serai plus la même qu’avant et continuerai d’essayer. » — Carmen, 68 ans (prénom modifié pour préserver son anonymat).
Carayaca est la paroisse la plus étendue de l’État de La Guaira, sur la côte nord du Venezuela, à proximité de l’épicentre des séismes du 24 juin 2026. Cette région montagneuse est parsemée de hameaux isolés, desservis par des chemins de terre difficiles d’accès et des transports publics très limités.
Dans ces communautés, l’accès aux services essentiels reste précaire et les soins spécialisés en santé mentale sont inexistants dans le réseau public local. Depuis plusieurs années, les familles subissent les conséquences d’une crise multidimensionnelle prolongée, marquée par la précarité, la détérioration des conditions de vie et une profonde fracture sociale liée notamment à une migration massive. Pour les personnes âgées, cette situation se traduit souvent par un isolement profond et un épuisement silencieux.
Tel était le quotidien de Carmen, 68 ans. Le découragement et la tristesse faisaient déjà partie de sa vie lorsque les deux séismes ont frappé la côte nord du Venezuela. Au-delà des dégâts matériels, la catastrophe a causé des pertes humaines, plongé des familles dans le deuil et suscité une peur persistante de nouvelles répliques.
Pour Carmen, les conséquences psychologiques et physiques ont été particulièrement éprouvantes :
« J’avais une sensation très désagréable dans tout le corps, j’étais en pleine crise constante, je me sentais désespérée, je ne pouvais pas dormir, je ne voulais pas manger, je ne voulais pas me laver et j’avais l’impression de manquer d’air… Je n’avais même plus envie d’aller à la messe. »
L’angoisse l’a progressivement conduite à ne plus sortir de chez elle, à négliger son alimentation et son hygiène, et à s’éloigner de l’église, qui constituait jusqu’alors un lieu important de foi et de vie communautaire.
Face à cette situation d’urgence, Première Urgence Internationale a mis en place des points de prise en charge communautaires proposant des soins de santé physique et mentale ainsi qu’un soutien psychosocial.
Informée par des bénévoles locaux, Carmen a surmonté les tabous et la honte associés aux troubles de santé mentale pour demander de l’aide. Elle a ainsi commencé un accompagnement psychosocial individuel.
À ce jour, Carmen a participé à deux des six séances prévues et poursuit son parcours. Dans ces espaces d’écoute sécurisants, elle a pu exprimer le traumatisme vécu lors des séismes et les difficultés liées à son isolement familial.
Elle a également appris des exercices de respiration pour mieux gérer ses crises d’angoisse et les symptômes physiques associés, notamment les palpitations et la sensation d’oppression thoracique. Progressivement, elle recommence à prendre soin d’elle et à retrouver certaines habitudes quotidiennes.
Ces premiers changements se reflètent déjà dans son témoignage :
« Je vais à nouveau à la messe et cela me fait me sentir plus proche de Dieu, même s’il a toujours été à mes côtés. Je me sens désormais plus optimiste. Regardez comment je suis habillée aujourd’hui : je me suis faite belle parce que j’ai un rendez-vous avec mon petit-fils et j’ai senti que c’était le moment de me sentir à nouveau bien. »
Dès le lendemain des séismes du 24 juin 2026, les équipes de Première Urgence Internationale se sont mobilisées auprès des communautés les plus touchées de la côte nord de La Guaira afin de fournir des soins médicaux de base et des premiers secours psychologiques.
Ces interventions d’urgence et les activités de soutien psychosocial se poursuivent aujourd’hui avec le soutien du Fonds humanitaire pour le Venezuela (FHV).
Dans les communautés les plus isolées, cette intervention rappelle que la reconstruction ne se limite pas aux infrastructures et aux habitations. La prise en charge de la santé mentale est également essentielle pour aider les personnes touchées par une catastrophe à retrouver progressivement leur équilibre et à aller de l’avant.
Près de 200 000 personnes ont été déplacées par l’intensification des combats sur la côte ouest du Yémen. Face à la hausse des besoins et à un accès aux soins de plus en plus difficile, nos équipes restent pleinement mobilisées pour maintenir l’accès aux soins, prendre en charge la malnutrition et lutter contre le choléra.
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