Communiqué de presse
Des colons israéliens, souvent soutenus par l’armée israélienne, recourent à l’intimidation, aux violences à caractère sexuel et aux violences basées sur le genre pour accélérer le déplacement forcé des Palestiniens en Cisjordanie, selon un rapport du West Bank Protection Consortium.
Dès les toutes premières heures de la crise, les équipes de Première Urgence Internationale se sont mobilisées sans relâche. Présentes à Baalbek, Hermel, Beyrouth ou encore dans le sud du pays, près de la frontière israélienne, violemment touchée, elles agissent avec un engagement exceptionnel pour venir en aide aux civils pris au piège des violences.
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Des colons israéliens, souvent soutenus par l’armée israélienne, recourent à l’intimidation, aux violences à caractère sexuel et aux violences basées sur le genre pour accélérer le déplacement forcé des Palestiniens en Cisjordanie, selon un rapport publié le 20 avril par le West Bank Protection Consortium (WBPC).
Le rapport constate que des femmes, des hommes et des enfants palestiniens sont soumis à des violences à caractère sexuel dans un contexte coercitif plus large qui accélère les transferts forcés dans la zone C de la Cisjordanie.
« Ce rapport ne dévoile pas une série d’abus isolés, mais un schéma de coercition qui rend l’existence des Palestiniens sur leurs terres de plus en plus impossible », a déclaré Allegra Pacheco, Chef de mission au West Bank Protection Consortium.
« La violence, l’intimidation et les sévices à caractère sexuel s’immiscent jusque dans les foyers et ciblent les corps, affectant les hommes, les femmes, les garçons et les filles de manières distinctes et profondément genrées. Il ne s’agit pas d’une coïncidence. C’est une méthode. Lorsque des personnes sont contraintes de partir parce qu’elles ne peuvent plus assurer leur sécurité et leur dignité, il ne s’agit pas d’un déplacement volontaire, mais d’un transfert forcé. Cela constitue, au regard du droit international, un crime de guerre. »
Ces actes se produisent dans un contexte d’impunité bien établi, souvent en présence de forces étatiques, et correspondent à des indicateurs reconnus d’escalade vers des crimes atroces. Dans ce contexte, il n’est plus crédible pour les États de se dire attachés au droit international tout en continuant à soutenir, permettre ou garder le silence. Le droit international est clair. Là où il existe un risque prévisible de violations graves, il existe une obligation d’agir. Tout autre comportement constitue un acquiescement.
Ces pertes s’accompagnent de traumatismes psychologiques sévères : 90 % des femmes font état d’un stress et de traumatismes accrus ; 63 % des ménages disent observer des peurs et une anxiété accrue chez les enfants, et 58 % disent ne plus avoir d’espaces sûrs où jouer.
Un homme palestinien interrogé pour le rapport a déclaré : « Ce qui m’a poussé à prendre la décision de partir, c’est le harcèlement que subissaient ma femme, mes filles et ma belle-fille. Les colons commençaient à s’approcher des abris quand mon fils et moi partions travailler. Ils surveillaient les femmes de près, leur sifflaient dessus quand elles sortaient des abris en plein jour et nous jetaient des pierres la nuit. Je craignais qu’il arrive quelque chose de grave à ma famille à cause de cette violence constante des colons en mon absence. »
Le déplacement prive les familles non seulement de leurs foyers et de leurs revenus, mais aussi de leur stabilité, de leur dignité et de leurs perspectives d’avenir, laissant beaucoup d’entre elles dans des conditions précaires et exposées au risque de nouveaux déplacements.
Le rapport constate également que la violence à caractère sexuel s’exerce conjointement aux attaques de colons, aux restrictions de déplacement, aux démolitions, aux contraintes d’accès aux terres et au déclin économique, qui contribuent tous à créer un environnement dans lequel les communautés palestiniennes n’ont réellement pas d’autre choix que de partir.
En vertu du droit international humanitaire, de telles conditions peuvent équivaloir à un transfert forcé, même en l’absence d’expulsion physique directe.
« Les schémas israéliens documentés dans ce rapport reflètent les signaux d’alarme identifiés dans le cadre analytique des Nations Unies sur les crimes atroces, notamment la discrimination, la tolérance de la violence par des acteurs non étatiques et l’absence de responsabilité », a ajouté Mme Pacheco.
Les États ont l’obligation, en vertu du droit international humanitaire, de prévenir ces violations et d’y répondre, a souligné le WBPC. La Cour internationale de Justice a réaffirmé en 2024 les obligations de non-reconnaissance et de non-assistance relatives aux situations illégales dans les territoires palestiniens occupés. Ne pas agir risque d’ancrer des schémas susceptibles de constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Des milliers de Palestiniens continuent de vivre avec les conséquences d’une coercition soutenue. Ainsi, des familles doivent se séparer pour tenter de protéger les femmes et les enfants, tandis que des filles sont retirées de l’école et orientées vers le mariage précoce. D’autres cas documentés font état d’enfants ayant subi des traumatismes, vécu dans la peur et perdu l’accès à l’éducation et à des espaces sûrs.
Le déplacement, conclut le rapport, n’est pas déclenché par un incident isolé, mais par une pression incessante et multicouche qui rend la vie impossible. Cette pression a poussé les communautés palestiniennes de Cisjordanie jusqu’au point de rupture.
Le West Bank Protection Consortium appelle la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour prévenir de nouveaux transferts forcés, garantir la responsabilité des auteurs de violences sexuelles et basées sur le genre, s’attaquer aux conditions structurelles permettant ces abus et respecter le droit international humanitaire et des droits de l’homme.
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