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Assurer la santé des enfants au Bénin durablement dans le département de l’Alibori

Comment assurer la santé des enfants au Bénin durablement : grâce à la gratuité des soins, Aïssatou a survécu au paludisme et à la malnutrition.

Publié le 11/02/2026 | Temps de lecture : 4 min

Le défi de l’accès aux soins dans l’Alibori

Au nord-est du Bénin, la précarité et l’insécurité transforment l’accès aux soins en un véritable parcours d’obstacles. Pour les familles les plus vulnérables du département de l’Alibori, où les enfants de moins de cinq ans et les populations déplacées sont particulièrement exposés aux crises nutritionnelles et sanitaires, le coût d’un traitement est souvent prohibitif.

Le témoignage de Koffi : briser le silence de la maladie

La famille de Koffi Agossou illustre cette réalité. Dépendants d’une agriculture de subsistance, ils n’avaient pas les moyens de faire soigner leur fille Aïssatou, 3 ans, atteinte de paludisme grave, de tuberculose et de malnutrition.

« Je voyais mon enfant toujours avec la fièvre, des boutons sur le corps… Par manque de moyens, je me contentais des soins des “docteurs qui se promènent” : 1 000 francs par ici, 1 600 francs par là… Mais son état ne faisait que stagner, parfois même empirer, » confie Koffi, père d’Aïssatou.

L’impact de la gratuité des soins et de l’accompagnement communautaire

Session de sensibilisation communautaire dans le département de l’Alibori, au Bénin © Première Urgence Internationale

C’est l’intervention d’un Chargé de Santé Communautaire de Première Urgence Internationale qui a tout changé. En rétablissant la confiance et en garantissant la gratuité totale, nous avons permis avec la participation du Centre de Crise et de Soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, une prise en charge médicale complète. 

Grâce à cet accompagnement, Aïssatou a pu bénéficier gratuitement d’un traitement antipaludique d’urgence, d’un traitement antituberculeux, ainsi que d’un suivi nutritionnel pendant deux semaines. Le Chargé de Santé Communautaire a apporté également un soutien logistique et psychosocial aux parents. À la sortie du centre, l’amélioration est nette : la fièvre a disparu, l’appétit est revenu et Aïssatou a repris le cours normal de sa vie d’enfant. Pour garantir une guérison définitive, le traitement se poursuit désormais à domicile avec un suivi communautaire régulier. 

« Au début, on doutait un peu, mais on a décidé de faire confiance… et on a bien fait. Je ne pensais pas qu’un jour ma fille allait retrouver le sourire. Grâce à votre accompagnement, elle est vivante aujourd’hui, » se souvient Koffi. 

Une résolution définitive contre la mortalité infantile 

Grâce à ce modèle alliant accompagnement communautaire, soins gratuits et suivi psychosocial, Aïssatou est aujourd’hui hors de danger. Ce système ne se contente pas de soigner : il ancre des réflexes de santé durables au sein des communautés, garantissant qu’aucun enfant ne soit plus laissé pour compte à cause de la pauvreté.