« Sortir des sentiers battus pour forger les missions humanitaires de demain »


« Participer à forger les missions humanitaires de demain ». C’est l’un des objectifs que s’est fixé Mathieu Ebbesen-Goudin, dans l’accomplissement de ses nouvelles fonctions de responsable du  service des urgences et du développement opérationnel (SUDO) de Première Urgence Internationale. Cet humanitaire engagé dirige ce service depuis  juin  2018. La réalité du terrain qu’il connait très bien et ses 15 ans d’expérience dans l’humanitaire, guident et inspirent ses choix en tant que responsable du SUDO.

Depuis sa sortie de l’école humanitaire Bioforce en 2002, Mathieu est un humanitaire engagé.  Tout au long de sa carrière il a occupé diverses fonctions : logisticien, coordinateur terrain et chef de mission. Son expérience sur le terrain est un atout considérable qu’il met aujourd’hui à contribution dans la gestion du service des urgences et du développement opérationnel de Première Urgence Internationale.

LE SUDO : UN « LABORATOIRE INTERNE »

Mathieu se dit attaché à Première Urgence Internationale parce qu’il y a « beaucoup de marge de manœuvre » dans la gestion des projets, et que les différents services de l’organisation privilégient une approche intégrée. Cette approche innovante vise à identifier et comprendre l’ensemble des besoins des personnes touchées par une crise, à proposer une solution globale en prenant en compte une combinaison de solutions et un grand nombre d’acteurs.

A Première Urgence Internationale, le SUDO a pour missions de répondre aux urgences dans les plus brefs délais, de gérer le développement opérationnel en appuyant les missions déjà existantes « soit pour développer leurs programmes, soit pour améliorer leur qualité » et d’ouvrir de nouvelles missions. En plus, en vue d’améliorer les résultats sur le terrain, ce service a la possibilité d’initier de nouveaux projets, de nouvelles dynamiques et de les mettre en œuvre. C’est l’aspect ‘marge de manœuvre’ dont parlait Mathieu.

A Première Urgence Internationale, le SUDO est habilité à conduire des missions exploratoires. Elles consistent à envoyer des équipes sur le terrain pour évaluer les besoins immédiats en cas d’urgence mais aussi pour anticiper des potentielles situations d’urgence, comme c’est le cas au Burundi. Une mission d’exploration y a été envoyée parce que ce pays est durement affecté par les déplacements internes des populations dus aux aléas climatiques et à l’instabilité politique du pays, mais aussi par la fragilité sécuritaire de son voisin, la République Démocratique du Congo.

L’HUMANITAIRE: UN JEU D’EQUILIBRISTE

Chaque mission fait face à des réalités liées au contexte politique, économique et géostratégique du pays qui l’abrite. A titre d’illustration, la crise israelo-palestinienne, l’un des contextes « qui met les humanitaires le plus face aux limites de leur métier ». La nature essentiellement politique de ce conflit complique le travail des humanitaires ; de l’obtention des visas d’entrée à l’accès aux populations vulnérables.

Dans les cas rapportés de violences faites aux populations palestiniennes par les colons israéliens, les humanitaires disposent de peu de moyens de pression pour les en empêcher ou pousser le gouvernement à réagir.  Pourtant « les problèmes sont politiques et si on veut venir à bout de cette crise, il faut des solutions politiques » souligne Mathieu qui insiste également sur l’importance du travail de plaidoyer de  Première Urgence Internationale en Territoire palestinien occupé, pour mettre en lumière les violations récurrentes des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire International.

Malgré les défis, Mathieu est content de son parcours d’humanitaire, encore plus parce qu’en 15 ans, les choses ont beaucoup évolué dans le secteur. Les partenaires et bailleurs apportent une aide conséquente. Etre un humanitaire est un métier. Des organismes se créent et se spécialisent dans divers domaines où l’assistance humanitaire est sollicitée.   Ce meilleur accompagnement financier et technique permet aux hommes et femmes sur le terrain, de se concentrer principalement sur les objectifs rattachés à leurs missions.

Humanitaire intello – humanitaire écolo

Mathieu est un homme de conviction et l’environnement en fait partie. L’humanitaire engagé ne dissocie pas sa démarche environnementale de sa vision humanitaire. Sa logique est simple, il est préférable d’anticiper les besoins au lieu de « lutter contre les conséquences » du changement climatique. Mathieu est d’avis qu’il est plus facile d’inclure une politique de protection de l’environnement dans un nouveau projet humanitaire, que de vouloir la mettre en pratique dans un projet déjà existant.

Cette attitude engagée est un reflet fidèle de la personnalité de Mathieu. Parler d’écologie et de changements climatiques dans un cadre humanitaire met en lumière sa responsabilité en tant qu’individu, mais aussi celle de l’organisme humanitaire pour lequel il travaille depuis 5 ans.


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