Réfugiés vénézuéliens en Colombie : vivre à nouveau dans l’instabilité


Première Urgence Internationale et Solidarités International participent à atténuer les risques urgents auxquels sont confrontés les réfugiés et migrants vénézuéliens en Colombie. La crise sanitaire actuelle affecte tout particulièrement la sécurité alimentaire de cette population. En collaboration avec la municipalité de Bucaramanga, les deux ONG en consortium et leur partenaire local Fundacion Entre Dos Tierras, unissent leurs efforts pour répondre aux besoins alimentaires de ces populations vulnérables.

 

Intervention de Première Urgence Internationale sur le Covid-19 en Colombie

Ayant fui le Venezuela pour la Colombie, les réfugiés et migrants vénézuéliens sont maintenant confrontés à un autre type de crise : une pandémie qui affecte leur santé, leurs conditions de vie déjà désastreuses et leur sécurité alimentaire. La Fundacion Entre Dos Tierras améliore la sécurité alimentaire de 750 d’entre eux, hébergés dans des hôtels et des résidences de quartiers populaires, ou regroupés dans les parcs suite à leur expulsion de leur logement dans la ville de Bucaramanga.

Une lente migration vers la Colombie

La détérioration continue des conditions de vie au Venezuela a entraîné une augmentation significative du nombre de migrants et de réfugiés en Colombie depuis 2013, et plus encore depuis 2018, fuyant une économie en effondrement, la pauvreté, les pénuries de nourriture et de médicaments et la crise politique.

La Colombie accueille aujourd’hui près de 1,8 million de migrants et de réfugiés vénézuéliens et des milliers de personnes entrent encore chaque jour sur le territoire par divers points d’entrée légaux et illégaux le long de la frontière. Ils entament ensuite un long voyage à pied vers différentes villes du pays. Bucaramanga est au centre de cette route migratoire et accueille aujourd’hui environ 38 000 migrants[1] alors que l’accès aux services de base y reste très limité.

Ce chiffre ne cesse d’augmenter et fait craindre l’exacerbation de la xénophobie, comme l’explique Alba Pereira, Directrice de la fondation Entre dos Tierras : « Si nous n’apportons pas des réponses claires, efficaces et réelles, il risque de se produire des explosions sociales, tant de la part des communautés d’accueil que des migrants eux-mêmes.»

COVID-19: vivre à nouveau dans l’instabilité

Cette situation a été encore aggravée par la pandémie de Covid-19, en raison notamment des règles de confinement mises en place dans l’ensemble du département : couvre-feu, sorties autorisées de manière alternée pour certaines activités en fonction du numéro d’identité, fortes amendes en cas de non-respect, … Les migrants vénézuéliens font face à d’importants obstacles pour aller travailler et se retrouvent, bien souvent, sans ressources pour se nourrir. « Preuve flagrante de la détérioration des conditions et de l’insuffisance de la réponse, de nombreux Vénézuéliens cherchent en fait à retourner à la frontière. Environ 800 réfugiés et migrants se rassemblent actuellement dans les parcs de Bucaramanga chaque jour pour chercher un moyen de transport ou pour commencer la pénible marche de retour de 7 jours », explique Adrian Fleming, chef de mission.

Intervention de Première Urgence Internationale sur le Covid-19 en Colombie

« Preuve flagrante de la détérioration des conditions et de l’insuffisance de la réaction, de nombreux Vénézuéliens cherchent en fait à retourner à la frontière »

Une étude publiée par l’université Externado de Bogota en février a révélé que seuls 25 % des Vénézuéliens ont un contrat de travail. La plupart de cette population migrante vit soit dans la rue, soit dans des lieux insalubres partagés avec de nombreuses personnes et payant un loyer au jour le jour. Ils dépendent ainsi du travail quotidien, le plus souvent informel comme la vente ambulante ou le nettoyage des pare-brises dans la rue, pour payer leur loyer ou acheter des produits alimentaires essentiels.  Le taux de malnutrition à Bucaramanga, d’après les observations des acteurs humanitaires, est d’environ 5% chez les adultes et 20% chez les enfants de moins de 10 ans.  Par ailleurs, la santé mentale est fortement affectée par le désespoir et près de 80% des migrants sont touchés par la dépression à divers degrés. « L’urgence est aujourd’hui, les besoins sont ponctuels et tout le monde les connaît », ajoute Alba Pereira.

C’est pourquoi Première Urgence Internationale et Solidarités International, à travers leur partenaire local Fundacion Entre dos tierras, unissent leurs efforts pour répondre aux besoins alimentaires de ces populations vulnérables. Adrian Fleming explique que « le consortium de Première Urgence Internationale et Solidarités International cible les personnes expulsées, sans abri ou rapatriées, car elles sont considérées comme les personnes les plus vulnérables à être exposées au virus et celles qui ont le moins de ressources pour se protéger ou faire face aux conséquences d’une infection ».

Intervention de Première Urgence Internationale sur le COVID-19 en Colombie

Avec l’appui de la municipalité, 2 repas par jour sont préparés et distribués à 750 personnes et des kits d’hygiène sont donnés à 800 familles en respectant les mesures de prévention contre le virus du COVID-19. « Nous allons commencer par distribuer des repas chauds dans des zones très isolées, en donnant la priorité aux enfants de moins de 6 ans. Cela représente une charge de travail accrue, plus de responsabilités et d’engagement mais, comme toujours, le contexte financier reste incertain. » développe Alba Pereira.
Enfin, un kit avec un repas et des produits d’hygiène (valable pour 48 heures) sera distribué à 1600 migrants pour leur voyage de retour.

De nombreux Vénézuéliens sont déjà sans abri, faute d’avoir pu payer les loyers demandés et, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, la pandémie de coronavirus fait courir un risque imminent de famine à plus de la moitié des migrants vénézuéliens en Colombie. La situation reste préoccupante, mais l’implication humanitaire persiste.

Intervention de Première Urgence Internationale sur le Covid-19 en Colombie

 

[1] Groupe interinstitutionnel sur les flux migratoires mixtes (GIFMM) de Santander

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