« Je n’en pouvais plus de rester assis en attendant que le temps passe »


A Homs, ville particulièrement affectée par des années de crise, les habitants reviennent dans les quartiers les plus touchés. Parmi eux, M. K., un commerçant qui a pu rouvrir son restaurant grâce au soutien de Première Urgence Internationale. Rencontre.

Dans le quartier d’Al Tameenat au nord de Homs, un restaurant fonctionne bien : le « Matham Saade » – « le restaurant du bonheur ». Il est tenu par M. K., un Syrien âgé d’une cinquantaine d’années. Le commerce a ouvert grâce à l’action de Première Urgence Internationale et n’a aucun concurrent à 1km à la ronde. Ses premiers clients sont principalement les ouvriers qui s’activent à la réhabilitation du quartier, ainsi que quelques anciens voisins qui reviennent petit à petit.

Situées sur la ligne de front pendant 3 ans, toutes les constructions non détruites par les combats ont été pillées, puis brûlées.

M. K. a été l’un des derniers à quitter Al Tameenat en mars 2012. Après 4 ans passés chez des amis, dans des foyers collectifs, dans les quartiers assiégés et dans les zones gouvernementales au gré des accords signés entre les différents belligérants, il a décidé de revenir avec son épouse au printemps 2016. « Nous sommes restés pendant quatre mois sans électricité dans les ruines de notre appartement », rapporte le restaurateur. La réhabilitation de son logement par les équipes de Première Urgence Internationale s’est achevée il y a deux mois.

M. K. est fier d’avoir repris son activité : «  je n’en pouvais plus de rester assis face à ma femme en attendant que le temps passe ». Dans son restaurant, il prépare du foul (des fèves à l’huile et à l’ail), du houmous et des fallafels en forme de cœur.

M. K. appartient à une grande famille de Homs réputée pour sa ferveur au travail. M. K. travaillait avec trois autres membres de sa famille dans un restaurant de fallafels près de la station de bus, sur l’ancienne autoroute entre Homs et Hama. Ils ont dû fermer leur boutique dès la fin 2011 lorsque la route a été fermée car elle mène à l’un des nombreux fronts encore actif aujourd’hui.

La famille du restaurateur a été fortement affectée par  la crise. Deux des frères de M. K. sont morts dans les combats, deux de ses sœurs sont maintenant en Europe, et ses deux autres sœurs ont suivi leurs maris pour rejoindre Idleb dans le nord du pays, lors de l’évacuation des rebelles négociée à la fin du siège de la vielle ville en 2014. Des quatre enfants de M. K. , trois d’entre eux ont trouvé refuge au Liban. Seule sa plus jeune fille de 15 ans est restée avec lui. « Elle a quitté l’école à 11 ans, j’espère qu’elle va pouvoir reprendre un cursus presque normal à la rentrée prochaine, Inchallah ». L’école de sa fille fait partie des locaux que Première Urgence Internationale réhabilite en ce moment.

Première Urgence Internationale fait partie d’un nombre restreint d’ONG internationales autorisées à intervenir en Syrie depuis 2008. Elle développe une approche intégrée afin de répondre au mieux aux multiples besoins des populations victimes de cette crise.

 

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