L’intégration par la culture


Chaque mois, la mission France de Première Urgence Internationale propose la visite d’un lieu culturel à des personnes en situation d’exclusion. L’objectif : leur permettre de retrouver confiance, dignité et fierté.

Visite culturelle au Louvre dans l'objectif d'une meilleure intégration culturelle

L’importance de la pratique culturelle

Atika et Zanfiricia sont en France depuis 10 ans, mais elles ne sont jamais entrées dans un musée.

C’est le cas de nombreuses personnes qui participent aux ateliers sociolinguistiques organisés par la mission France de Première Urgence Internationale. En effet, les personnes en situation d’exclusion ont très peu l’occasion de se rendre dans des lieux culturels, soit par méconnaissance de ces  lieux, soit parce qu’ils n’osent tout simplement pas y aller.

Melina, chargée du projet « insertion sociale » pour Première Urgence Internationale a alors eu l’idée d’intégrer des sorties culturelles guidées.

« En effet, la pratique culturelle permet de maintenir ou créer du lien social, et peut aussi contribuer à retrouver confiance, dignité et fierté. L’accès à la culture est un droit, souvent négligé, mais qui est essentiel pour faciliter l’intégration sociale et professionnelle », explique Melina.

Depuis novembre 2017, elle propose chaque mois aux participants des ateliers, une visite d’un lieu culturel. En amont, deux séances permettent de préparer avec le public la visite du lieu sélectionné : mobilité, découverte du lieu culturel, objectifs linguistiques, découverte des grands thèmes abordés par la structure culturelle.

La première visite a eu lieu à la bibliothèque François Mitterrand, la dernière au musée du Louvre.

Une journée au Louvre

« C’est émouvant de participer à la visite de quelqu’un qui entre pour la première fois dans un musée. A Paris, nous sommes tellement habitués à voir des œuvres d’art que nous ne prenons même plus le temps de les regarder. Zanfirica était tellement impressionnée, qu’elle aurait voulu filmer du début à la fin la visite », rajoute Melina.

Initialement, la barrière de la langue empêchait aux apprenants de bien comprendre les œuvres et ses significations. Les apprenants ont donc crée une « chaîne de traduction » avec Atika, parlant couramment le français et l’arabe qui traduisait à Mustafa parlant arabe et russe traduisant par la suite à Hana, apprenante russe. Cette chaîne a continué tout au long de la visite permettant en plus d’une meilleure compréhension de créer du lien social entre les apprenants.

Un langage universel

En accédant au Louvre par la Pyramide, en passant par la salle du manège, en marchant dans la grande salle jusqu’à « la Joconde » et la Victoire de Samothrace, les apprenants ont admiré un des plus beaux musées au monde. Ils ont pu s’approprier un langage universel, au-delà des barrières linguistiques.

Enfin, le Louvre a donné la possibilité aux participants de retrouver et admirer des œuvres appartenant à leur pays d’origine. « Mustafa, d’origine syrienne, était tellement fier de nous montrer les objets exposés qui venaient de son pays, en particulier la mosaïque de la grande mosquée de Damas. Cela a été un moment de partage très important. »

Vivre ensemble

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mission « Vivre Ensemble », pilotée par le ministère de la Culture et de la Communication. L’objectif est de faire jouer pleinement à la culture son rôle dans la lutte contre l’exclusion et de contribuer ainsi à la démocratisation culturelle.

 

Pour en savoir plus sur le projet : Melina Zajd, chargée de projet Insertion Sociale, [email protected]

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