En Syrie, Première Urgence Internationale travaille en première ligne pour empêcher la propagation du COVID-19


Le 15 mars 2020, la crise syrienne est entrée dans sa 10e année. Une semaine plus tard, le premier cas confirmé de COVID-19 a été signalé en Syrie. Les neuf années de conflit ont déjà laissé le pays dans une situation difficile, mais la pandémie de COVID-19 a présenté un autre défi pour un système de protection sociale surchargé et fragile. Dans ce contexte, Première Urgence Internationale a été l’une des premières organisations à réagir rapidement pour répondre aux besoins urgents émergents en Syrie. Avec le soutien de partenaires, l’ONG a travaillé sur plusieurs secteurs pour contribuer aux efforts communs visant à prévenir une flambée épidémique de COVID-19 en Syrie.

Empêcher la propagation du COVID-19 en Syrie

© Première Urgence Internationale – Avril 2020.

Des populations dépassées par les besoins

La crise en Syrie a été qualifiée à maintes reprises de «pire catastrophe humanitaire du 21e siècle ». Malgré une réduction significative des hostilités fin 2018, les besoins du peuple syrien restent considérables. Selon l’Humanitarian Needs Overview 2019, 11,7 personnes ont besoin d’une aide humanitaire multisectorielle et 5 millions de personnes ont des besoins aigus d’assistance. Un certain nombre de préoccupations prioritaires ont été exprimées par les communautés affectées en Syrie, telles que les opportunités économiques, l’accès aux services de base, la sécurité et la protection, l’eau potable, les soins de santé et les opportunités d’éducation.

En 2012, Première Urgence Internationale a obtenu l’autorisation de fournir une aide humanitaire aux Syriens et est depuis l’une des rares organisations internationales en Syrie à travailler en première ligne pour atténuer les pires effets de la crise. Première Urgence Internationale opère actuellement dans 10 gouvernorats et adopte une approche intégrée pour répondre aux besoins de la population en eau, assainissement et hygiène, éducation, logement, infrastructures et moyens de subsistance.

Malgré les efforts de réponse humanitaire en cours, les besoins en Syrie restent immenses et très diversifiés en termes d’échelle, de gravité et de complexité. En conséquence, Première Urgence Internationale travaille de deux manières concrètes, qui se renforcent mutuellement: d’un côté, une aide d’urgence vitale axée sur la réhabilitation d’abris collectifs pour les personnes déplacées et l’accès à l’eau et à l’assainissement. Dans le même temps, Première Urgence Internationale travaille sur la mise en œuvre de programmes orientés vers le relèvement et la résilience à plus long terme pour permettre aux populations de subvenir seules à leurs besoins fondamentaux. Cela comprend la réhabilitation des réseaux d’eau et d’assainissement et des appartements endommagés pour les rapatriés, en plus d’améliorer l’accès des enfants à l’éducation et d’améliorer les moyens de subsistance des personnes les plus vulnérables. Depuis 2012, Première Urgence Internationale a atteint des millions de Syriens avec ces programmes.

Une urgence double

Compte tenu de l’évolution rapide de l’épidémie de COVID-19, Première Urgence Internationale a décidé d’utiliser stratégiquement tous les efforts et ressources disponibles pour intensifier sa réponse à l’urgence. En conséquence, un plan d’intervention d’urgence a été mis en place début avril, afin de coordonner la réponse programmatique lors de la crise COVID-19. Comme Première Urgence Internationale ne travaillant généralement pas directement dans le secteur de la santé en Syrie, une réponse multisectorielle a été mise en œuvre pour contribuer aux efforts de prévention d’une épidémie.

Les activités d’urgence ont été divisées en 4 phases:

  • Étape 0 – Protection du personnel
  • Étape 1 – Adaptation de la programmation régulière
  • Étape 2 – Limiter la propagation de COVID-19
  • Étape 3 – La vie au temps de COVID-19
  • Étape 4 – Retour progressif à la normale

Protéger les équipes et garantir un lieu de travail sûr

Des mesures internes ont été mises en place pour protéger tous les membres du personnel et les personnes avec lesquelles ils seront en contact étroit, y compris les bénéficiaires des programmes.

Des procédures d’hygiène et de nettoyage au sein des installations et véhicules de Première Urgence Internationale ont été introduites. Tous les membres du personnel ont reçu des équipements de protection individuelle et des kits d’hygiène. Du matériel IEC (information éducation communication) a été distribué et accroché dans toutes les installations de Première Urgence Internationale. Enfin, tous les membres du personnel ont été formés aux mesures préventives et à la gestion du stress associé.

Permettre la continuité des opérations habituelles

Des mesures ont été adoptées pour réduire le risque d’infection pour le personnel et les bénéficiaires, tout en assurant la continuité des programmes réguliers. Première Urgence Internationale a pris des mesures spécifiques pour assurer la sécurité de ses bénéficiaires. Pour les activités de relance économique par exemple, les équipes ont restructuré une partie du processus en réalisant des entretiens par téléphone et en envoyant des SMS au lieu de visites en face à face.

Des procédures modifiées similaires et des pratiques de sécurité améliorées ont été adoptées pour tous les autres programmes. Des mesures de discipline en matière de sécurité et d’hygiène ont également été intégrées dans chaque activité mise en œuvre sur le terrain.

Cibler les populations à haut risque pour empêcher la propagation du COVID-19 en Syrie

En coordination avec les ministères compétents et le Croissant-Rouge arabe syrien (SARC), Première Urgence Internationale a identifié un certain nombre d’abris collectifs pour personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, a entièrement réhabilité 2 abris collectifs (un à Homs et un à Hama) et a effectué des réparations et opérations de maintenance, orientées WASH (eau, hygiène et assainissement) pour 9 abris collectifs à Homs. Des kits de matériel de nettoyage ont également été distribués à tous les résidents de ces abris. Au total, Première Urgence Internationale a touché 419 familles déplacées.

L’ONG a également achevé des réparations légères et la réhabilitation d’une unité de quarantaine dans la ville de Dara’a et d’une autre unité de quarantaine et d’isolement dans la ville de Der Ez Zor (d’une capacité de 50 et 40 lits respectivement). En outre, en partenariat avec le HCR, Première Urgence Internationale travaille actuellement à la réhabilitation de nouveaux abris collectifs à Lattaquié, Tartous et Damas.

Agir avec les enfants

Des séances de sensibilisation sur le COVID-19 ont été menées dans 17 centres pour enfants au total, à Damas (6), Alep (5), région rurale de Damas (5), et Homs (1). Jusqu’à présent, les équipes de Première Urgence Internationale ont touché plus de 2 000 enfants vulnérables – enfants non accompagnés ou abandonnés, enfants des rues et enfants handicapés ou délinquants juvéniles.

Première Urgence Internationale a également effectué des réparations légères et opérations de maintenance sur un certain nombre de ces centres, selon les besoins, en plus de la distribution de produits de nettoyage et de kits de protection individuels pour les résidents et le personnel travaillant dans les installations.

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